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Aux hommes qui font de nous des femmes libres

— Fête des pères 21 juin 2026 —



Tout comme les mères et les grands-mères, il est bien légitime que les pères soient honorés lors d’une journée spéciale. Les pères sont célébrés partout dans le monde, et nombreux sont les pays, comme la France, qui ont fixé la date de cette fête au mois de juin. Mais bien avant de devenir la fête laïque et commerciale que nous connaissons aujourd’hui — popularisée aux États-Unis au début du XXe siècle — une fête des pères existait déjà, célébrée le 19 mars dans la tradition catholique. Pourquoi le 19 mars ? Tout simplement parce que c’est le jour de la Saint-Joseph, le père spirituel et adoptif de Jésus.

Le père biologique est-il réellement le véritable père ?

N’est-ce pas plutôt celui qui protège, éduque, prend soin, initie,  soutient, aide et apporte affection et amour, comme Joseph ? On ne choisit pas son géniteur, mais on peut se choisir un père. Nous avons tous déjà entendu : « C’est lui mon véritable père ».

Alors, si nous redonnions un sens à cette fête des pères ? Ce jour où l’on honore les hommes qui ont eu une importance particulière dans nos vies.


Dans le cadre de cette journée spéciale, je souhaiterais simplement dire MERCI.

Merci à mon père, Pierre, de m’avoir transmis ses valeurs, sa pondération, son goût immodéré pour la littérature, son don de l’écriture, son humanité, son amour de la nature et des animaux, sa vaillance, sa ténacité, son exigence du travail bien fait. Dans une prochaine vie, papa, je souhaiterais que tu sois encore mon père.

Merci à l’amour de ma vie, Philippe, de m’avoir laissée m’épanouir en tant que femme, de me considérer comme son égal, son binôme. D’un soutien indéfectible, fiable, droit, loyal et généreux, c’est un époux, un père et un beau-père formidable.

Merci à mon grand-père Camille, homme admirable et bienveillant qui m’a transmis sa passion pour l’Histoire et sa spiritualité.

Merci à mon cousin Christophe, le sage et l’ange protecteur de toute notre famille.

Merci à mon fils Antoine, mon premier-né, celui qui m’a fait mère. Une mutation silencieuse, mais puissante, qui a fait de moi une autre femme : plus forte, plus attentive, plus ancrée dans l’essentiel.

Merci à Sébastien et Nicolas, mes deux beaux-fils, que j’ai élevés comme mes enfants. Grâce à eux, j’ai découvert qu’on peut aimer profondément des enfants qui ne sont pas les siens. Ce lien, différent mais authentique, s’est construit au fil des années, dans l’ajustement, la tendresse, parfois dans le doute aussi — et il m’a fait grandir en profondeur. Il m’a appris une autre forme d’amour, exigeante et silencieuse, mais pleine de sens. Élevés comme des frères, Antoine, Sébastien et Nicolas ont grandi avec les mêmes valeurs : l’attention à l’autre, le respect, la sensibilité, la responsabilité. Aujourd’hui, ils sont devenus des hommes droits, bienveillants, respectueux des femmes — et je suis fière de ce qu’ils sont, fière d’avoir contribué, en partie, à ce qu’ils sont devenus.

Merci à tous les hommes inspirants qui ont guidé ma vie. Merci à tous les hommes honorables et glorieux qui ont forgé et poli celle que je suis devenue.

Et enfin, merci à ces médecins — presque toujours des hommes — que j’ai croisés tout au long de ma vie : généralistes, gynécologues, kinésithérapeutes, spécialistes, en particulier ceux dont la pratique touche au corps et à l’intimité des femmes. Dans un monde où tant de patientes ont subi incompréhension, condescendance, voire violences médicales, j’ai, pour ma part, rencontré des soignants respectueux, attentifs, d’une grande délicatesse. Ces hommes, bienveillants et profondément humains, m’ont écoutée sans jugement, ont su entendre mes douleurs, répondre à mes interrogations, et m’accompagner avec sérieux et respect. Grâce à eux, j’ai pu traverser certaines étapes sensibles de ma vie de femme avec confiance, et me sentir pleinement considérée.

 

Dans cette humanité masculine que j’ai souvent admirée, j’ai aussi croisé l’autre versant. Celui du pouvoir qui nie, du regard qui humilie, du geste qui blesse. Comme tant d’autres, j'ai moi aussi connu les regards appuyés, les sifflements dans la rue, les mains baladeuses, la drague lourde, les remarques obscènes, les tentatives pour me faire taire ou me faire douter de ma propre parole. J'ai vu mes idées interrompues, reformulées, dénigrées par des hommes qui croyaient savoir mieux. J’ai subi le mansplaining, les jugements condescendants, les silences imposés.

Mais je ne me suis jamais tue.

Jamais soumise, jamais docile, j’ai toujours répondu.

Fermement. Parfois violemment. Toujours lucidement.

Je n’ai jamais accepté que l’on me réduise à mon sexe, à mon âge, à mon émotion. Je n’ai jamais laissé passer l’humiliation. Je me suis toujours levée, même seule, pour répliquer. Et si je n’ai pas eu à affronter la violence dans sa forme la plus brutale, je connais trop bien la violence sourde du mépris quotidien.

Ce n’est pas une plainte, c’est un constat.

Et une voix qui s’élève pour toutes celles qu’on a trop souvent fait taire.

Alors, pour toutes celles qui ont subi humiliations, dénigrement, violences physiques ou verbales, maltraitance, conservez la foi, car il existe sur cette planète beaucoup d’hommes bons, aimants, bienveillants, qui prônent l’égalité entre les hommes et les femmes et entre les humains.

 

Pour toutes les mères, filles, jeunes femmes et futures mères : apprenez et réapprenez à être des femmes, bravez la pression sociale et inventez votre destin. N’oubliez jamais que les hommes ne sont au départ que de petits bébés gazouillants et/ou pleurnichards et que leurs premières années de vie sont façonnées par nous, les femmes.

 

Pour tous les hommes, n’oubliez jamais que malgré des décennies de dictature patriarcale, de sexisme, d’inégalités dans tous les domaines, de féminicides, viols, mariages forcés, violences, maltraitance, travail domestique gratuit, misogynie, charge mentale, etc., les femmes n’ont jamais cessé de prendre soin des hommes qu’elles aiment – pères, fils, époux, compagnons… tant est immense leur amour des hommes.



Né en 2021 sous la plume de Florence Clémente — Écrivain | Biographe – Cvotrehistoire,

ce texte a mûri, grandi, et s’est affiné en juin 2025.

 
 
 

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